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Le projet de Jaco Van Dormael

 
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schimanski
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PostPosted: Sun 6 Nov - 14:28 (2011)    Post subject: Le projet de Jaco Van Dormael Reply with quote

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Avant le Spielberg, il ne faut pas oublier que le belge Jaco Van Dormael a été sur le point de signer avec Nick Rodwell pour adapter Tintin à l'écran.... Personnellement, je n'ai pas de regrets car le film, s'il aurait pu être très beau, très poétique, aurait été une vision "adulte" de Tintin... Voilà ce que l'intéressé en dit dans un article récent du "Soir" :

Comment naît votre projet de film autour de Tintin ?
Au commencement, il y a l’enfance. Et le tapis qui est au pied de mon lit. Quand je regarde mes pieds, il y a Tintin, tissé sur le tapis. Je dévore les albums tout petit, alors que je ne suis pas encore en âge de lire. C’est le héros de mon enfance, passée en Allemagne. C’est du coup mon lien avec la Belgique. J’ai appris à lire avec lui. Et sans doute la ligne claire a-t-elle influencé ma façon de filmer. De sorte que lorsque, plus tard, autour de 1997, j’apprends que les héritiers d’Hergé veulent relancer le projet d’adaptation, développé tout un temps avec Spielberg, mais insistent pour approuver le scénario avant de céder les droits, mon sang ne fait qu’un tour : j’y crois et je me lance.
 

En portant votre intérêt sur « Le Lotus bleu » et « Tintin au Tibet » ! Comment
envisagez-vous, à l’époque, l’adaptation ?
Comme un film dont le coeur serait une histoire d’amitié, unissant Tintin et Tchang. Quelque chose de plus émotionnel. On ne partait pas ici à la recherche d’un trésor ou d’une aventure pour punir un méchant, non, c’était pour retrouver un ami. C’est ça qui me motivait le plus. Quand j’ai commencé à relire les albums, je cherchais plus une histoire fluide tenant sur toute la longueur qu’un récit picaresque à rebondissements, comme il y en a beaucoup chez Tintin. Je me suis ainsi reporté sur Tintin au Tibet, sans doute l’histoire la plus construite et la plus pure de Hergé. Même l’histoire avec le Yeti aurait été dans la blancheur et la pureté. Cela aurait été un film où aurait aussi été intégré en filigrane le personnage d’Hergé, à l’époque où il créait l’album tibétain et qui aurait été toujours filmé en silhouette. Il se fait qu’Hergé était sans nouvelles de son ami chinois, qu’il avait connu comme étudiant aux Beaux-Arts. Or, c’est au moment où Hergé était au sommet de sa célébrité et de son succès que Chang vivait son enfer : prisonnier de la révolution culturelle, obligé de casser ses propres sculptures, interdit de création. J’écris donc une adaptation d’une quarantaine de pages de Tintin au Tibet, avec en flash-back le Lotus Bleu, et en filigrane Hergé, sujet pour lequel le tintinologue Benoît Peeters m’aide beaucoup.
 

Le projet n’a pas été plus loin. Pas de casting envisagé ?
J’ai rencontré un jour à Londres Macaulay Culkin, qu’Irène Jacob m’avait présenté après Maman, j’ai raté l’avion, et qui avait alors autour de vingt ans. Je ne lui en ai pas parlé, mais je voulais le rencontrer. Et il avait l’air très sympa ! Ça aurait été un film en anglais, du coup. Et puis, il y a eu Jean-Claude Van Damme, qui un jour est venu chez moi. Il voulait me convaincre de jouer Tintin. C’était son héros. Il me disait : « Tintin, c’est moi ! » Après six mois, les héritiers décrochent.
 

Vous reprochent-ils un film trop auteuriste, pas assez grand public ?
Souvent, face à ce genre de projets, on entend des choses comme : on voudrait faire un film qui marche. Je comprends, mais moi je ne sais pas comment on fait. Je n’ai pas la boule de cristal. Ma responsabilité, c’est plus d’essayer de toucher les gens en profondeur que le plus de monde possible.
 

Avec une réflexion sur la création ?
Sûrement. Dans le film que je rêvais, Tintin prenait conscience qu’il était un personnage imaginaire, imaginé par quelqu’un. Et qui était d’autant plus conscient de son rôle : il fallait qu’il vienne en aide à Hergé, quand celui-ci était en panne d’inspiration. Comme certains auteurs, Hergé avait des moments de panne. Il faisait alors les chromes de sa voiture pendant toute la journée, à Boitsfort, ou partait en Suisse et on n’avait plus de nouvelles. La parution dans l’hebdomadaire Tintin était alors subitement arrêtée, en attendant qu’il retrouve l’inspiration. Et du coup, ces pannes me donnaient l’idée qu’il y a des moments, dans l’Himalaya, où plus rien ne se passe, l’histoire n’avance plus. Et c’est là qu’on se rend compte qu’il y a tout un envers du décor, avec les constructeurs de l’imaginaire, tels des ouvriers qui font se lever le soleil, qui amènent des blocs de mer, qui consolident l’envers de l’Himalaya, pour que ça tienne. Quelque chose qui a sûrement inspiré Mr. Nobody.
 

L’influence de Tintin date d’avant « Nobody » ?
Elle est là dès mes premiers courts-métrages. On me disait à mes débuts : « Tu fais de la BD comme Tintin, mais il faudrait quand même un jour que tu fasses bouger ta caméra ! » Et en effet, mes premiers courts-métrages, c’était des plans fixes, comme des cases. Hergé avait un sens du cinéma, à sa façon. Dans L’Or noir, il y a une case où on voit un berbère qui tire, un autre qui va tirer, et un troisième qui s’encourt. Dans la même image, trois moments temporels différents, et ça donne l’impression du mouvement. Ça m’a influencé dans une scène de Mr. Nobody, où des hélicoptères démontent la mer. Un seul hélicoptère, on ne comprend pas bien. Mais si dans la même image on voit un hélico qui arrive au lointain, un qui est en train de mettre un bloc de mer et un autre qui l’a mis et qui s’en va, dans la même image on tient un récit. Et ça, je le dois à Hergé.
 

On est loin du projet de film d’aventures de Spielberg. Les héritiers ont pris peur ?
Autant j’avais cru comprendre que Moulinsart était intéressé que je leur fasse à l’époque la proposition, autant je comprends assez vite, à l’époque, qu’ils voulaient un certain contrôle. Ils ne voulaient pas donner le feu vert. Ils voulaient collaborer, et être avec, afin d’être garants que ça refléterait bien le monde d’Hergé. Si ça n’avait pas été Tintin, je n’aurais pas commencé à travailler. Mais c’était Tintin, j’avais très envie de le faire, et donc ça valait le coup ! C’était au fond un pari, et j’avais envie de faire confiance.
 

Etait-ce une forme de candeur, de votre part ?
Je n’ai été roulé à aucun moment, je savais qu’à la fin ils pouvaient dire non… et à la fin ils ont dit non, d’une façon qui était simplement qu’ils ne m’ont plus appelé. Mais oui, sans doute était-ce aussi un peu de ma faute, j’avais un excès de confiance.
 

Vous étiez pourtant tout proche ?
Oui. Le contrat était là, à portée de stylo. Avec le champagne prêt à être sablé. Et le stylo de Nick Rodwell qui s’approche par deux fois de l’endroit de la signature. Une vraie scène de film.
 

Coup sur coup, voici nos Schtroumpfs et Tintin qui accèdent au grand écran grâce à des Américains. Ça veut dire que nous autres, Belges et Européens, n’en serions pas capables ?
Ça veut dire en tout cas que les Américains sont capables de le produire, de le diffuser, de le distribuer. De le faire aussi, bien sûr. Mais je ne perçois pas Spielberg comme un cinéaste prioritairement américain, au sens des studios et des films de marketing. J’ai énormément d’admiration pour lui. Je crois qu’il fait exactement ce qui lui plaît. Il a, par hasard, le même goût que le public. Du coup, ce qu’il fait résonne dans le public, alors que je ne pense pas qu’il cherche à plaire avant tout. Il fait ce qui l’amuse le plus, avec beaucoup de sincérité et d’intelligence. Pour moi, c’est un vrai auteur de films populaires. Je n’ai pas vu les Schtroumpfs, mais peut-être que c’est davantage un film de studios.
 

Que reste-t-il, du projet envolé de Tintin ?
Je n’ai aucune amertume. J’ai passé six mois à rêver sur Tintin. J’ai pris beaucoup de plaisir. C’est resté un film rêvé. Les films rêvés n’en sont pas moins beaux, même si on ne peut pas les projeter pour autrui. Je reste le seul spectateur de ce film, et je l’ai aimé.
 

A-t-il eu une influence sur le cinéaste que vous êtes devenu ?
Je l’ai dit : il a eu une influence sur certaines parties de Mr. Nobody, en questionnant les liens entre l’imaginaire et le réel. Il m’a aussi appris une chose : c’est que je ne ferai peut-être plus d’adaptation. Car cela vous place dans un état de dépendance partielle. Vous dépendez des désirs des autres. Tout comme quand les films sont chers, vous dépendez de l’industrie. C’est peut-être en ça que les projets Tintin, puis Mr. Nobody, m’ont fait évoluer, chacun à leur manière. Même si j’aime beaucoup le résultat de Mr. Nobody, il a été soumis inutilement à de fortes pressions économiques. Il faut essayer de rester léger et libre de son projet.
 

Propos recueillis par NICOLAS CROUSSE
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schimanski
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PostPosted: Sun 6 Nov - 14:31 (2011)    Post subject: Le projet de Jaco Van Dormael Reply with quote

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Erca
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PostPosted: Sun 6 Nov - 15:25 (2011)    Post subject: Le projet de Jaco Van Dormael Reply with quote

Superbe projet. S'il y avait bien un album qui se prêtait beaucoup plus à un film d'auteur qu'à un blockbuster, c'est Tintin au Tibet.
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